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L’histoire des financements des campagnes électorales de la Macronie est intéressante, car elle a été émaillée par des scandales, des zones d’ombres, d’étranges personnages… et des cabinets de conseil… américains. Avant 1988, tout était permis dans le financement des campagnes électorales, les oboles d’oligarques puissants, les financements d’entreprises ou de groupes nationaux ou internationaux, mais aussi les chèques de dictateurs africains… mis en place par la Françafrique, sans parler de diverses magouilles pendables. Au fil du temps, devant la multiplication des scandales, une série de lois est venue en principe mettre fin à ces pratiques… En principe !

Dans cette longue enquête, j’analyserai tous les financements de campagne d’Emmanuel Macron, en expliquant aussi les usages et lois du moment, l’apparition des cabinets privés de conseil derrière… L’UMP de Nicolas Sarkozy, mais aussi le Parti Socialiste de François Hollande… et leur emploi de masse par Emmanuel Macron. Vous apprendrez aussi la chronologie des faits, la mise au point de l’arnaque Macron, les rendez-vous secrets à Bercy et le lancement de l’opération. Si l’affaire McKinsey a donné des éléments, dans cette enquête vous suivrez pas à pas toute l’histoire, y compris avec un passage en revue de l’avis de plusieurs experts.

Nous partirons dans Souveraineté Populaire sur les traces de… Jeffrey Epstein sollicité pour mettre en branle ses réseaux et fournir des finances, mais aussi de cabinets interdits dans certains pays, pour des manipulations éhontées et tentatives de prise de contrôle de pays, comme en Angola ou en Afrique du Sud. Il n’y aura pas que McKinsey, mais aussi BCG, des personnages sulfureux comme l’histoire du surintendant des finances de la Macronie, le mystérieux Christian Dargnat… ou encore les dîners feutrés de la Macronie à Bercy, pour ramasser les dons, même au frais du contribuable français lorsque Emmanuel Macron occupait la boutique, comme ministre de l’Économie…

Un peu d’histoire sur l’ascension discrète d’Emmanuel Macron. En 2015, le bilan présidentiel était catastrophique. François Hollande n’avait été élu que par l’ombre de la Rose, des souvenirs déçus de l’époque Mitterrand, malgré ce PS qui avait sombré dans la corruption la plus éhontée, les affaires, les trahisons… y compris du socialisme. En 2012, il y avait quelques restes, des souvenirs également douloureux de l’échec de 2002. Avec Hollande, la dégradation du régime avait été encore plus rapide. Malgré quelques freins dans l’accumulation de la dette, son impopularité était telle, qu’il ne résigna très vite à ne pas se représenter pour l’Élysée. C’était la première fois dans la Ve République qu’un président sortant ne se représentait pas.

Mais bien avant l’annonce tardive de cette décision, François Hollande avait fait entrer un coucou dans l’appareil du pouvoir : Emmanuel Macron. Il était alors un illustre inconnu, mais fut nommé Secrétaire général adjoint de l’Élysée, un poste de confiance. Dans l’ombre présidentielle, il put observer les rouages, tandis que son ambition ne cessait de croître. Il fut nommé Ministre de l’Économie (26 août 2014), les Français découvrant pour la première fois Emmanuel Macron. Le loup étant entré de plein pied dans la bergerie, il ne fallut que quelques mois au ministre, pour se décider à briguer la place de François Hollande.

Le lancement du piège Macron. La décision fut sans doute prise dans l’année 2015, alors qu’il fut invité par un maire de la région parisienne pour un premier meeting (décembre 2015). Ce fut un guet-apens politique, comme rarement l’histoire de France en a connu. Dans l’ombre du PS, ayant bien observé la dégradation du système, la fatigue des Français par rapport aux deux partis dominants, la droite libérale et la gauche caviar, l’idée lui vint de surprendre tout ce petit monde, de dépasser (officiellement), les clivages politiques et des décennies de politique… politicienne figée. Le 6 avril 2016, il lança le mouvement politique En Marche et immédiatement le piège fut lancé, sorte de vaste filet de pêche : « c’est un mouvement politique nouveau qui ne sera pas à droite, qui ne sera pas à gauche ». Ainsi commençant la Macronie, avec toutes les conséquences graves que nous avons ensuite connues, pour la société française, pour le pays lui-même et plus largement pour l’avenir de l’Europe.

Le 30 août 2016, il démissionnait de sa fonction de Ministre de l’Économie, pour lancer sa campagne présidentielle, un geste fort car il quittait François Hollande et se plaçait en opposant et même en juge et critique du bilan socialiste. Une position très confortable, lui permettant aussi d’écorcher les politiques menées par la droite sous les présidences de Nicolas Sarkozy ou de Jacques Chirac. D’un seul coup, la masse des Français découvrait une « nouvelle option », un espoir, alors que le mouvement menait une offensive tout azimut. Il fut déclaré que les corrompus ne seraient pas acceptés dans le parti… que des femmes et des hommes qui n’avaient jamais été des apparatchiks de la politique, de « vrais français », des gens de la société civile seraient sollicités pour entrer en politique, des gens supposés être de la France réelle, la France peut-être même d’en bas !

La préparation de la facette internationale d’Emmanuel Macron. On ne saura jamais comment fut décidé et avec qui exactement ce plan de bataille, mais assurément pour lancer à la fois une campagne électorale et un nouveau parti politique, de nombreuses discussions furent nécessaires, des contacts, la recherche de cadres, de partisans, de soutiens politiques. Pour les cadres, l’entourage immédiat d’Emmanuel Macron, les réseaux qu’il avait patiemment construit, ainsi que ceux de Brigitte Macron furent utiles pour la suite. Des oligarques français furent certainement contactés, des personnalités puissantes, dans le monde de la finance, dans les cercles américains, afin de préparer l’assise internationale. Le résultat fut en particulier une vidéo de soutien de l’ex président Barack Obama, diffusée le 4 mai 2017, à quelques jours du second tour de la présidentielle. Les soutiens affluèrent des mouvements européistes, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, Federica Mogherini, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, qui qualifia Macron : « de l’espoir et le futur de notre génération », Michel Barnier alors le négociateur du Brexit pour l’UE, Pierre Moscovici, commissaire européen, mais aussi un grand nombre de chef d’État, notamment Angela Merkel, Charles Michel (Belgique), Lars Lokke Rasmussen (Danemark), Enda Kenny (Irlande), Paolo Gentiloni (Italie), ou encore Bohuslav Sobotka (Tchéquie), parmi d’autres. Fort de ces soutiens puissants, le piège étant tendu pour l’électorat français, Emmanuel Macron fut élu dans la liesse populaire. Immédiatement après, le mouvement En Marche fut transformé en La République En Marche (2017), puis toujours par l’effet caméléon de la Macronie devint Renaissance (2022). Dans ce dernier aspect de la Macronie, la volonté est d’imposer une image de constante évolution, liée à l’idée que ce nouveau mouvement politique serait toujours en train d’évoluer, de se réformer et de muter, contrairement à 40 ans d’immobilisme dans les jeux politiques de la Ve République, jusqu’à l’arrivée du phénomène Macron.

De décembre 2015, à son élection en mai 2017, Emmanuel Macron dut lever des fonds importants, à la fois pour financer sa campagne, pour monter un parti, pour employer des cabinets de conseils, des firmes, ou par exemple, ce qui a été prouvé, pour embaucher des figurants dans ses premiers meetings en province, alors que les salles étaient en grande partie vides (malgré une masse de dénigrements des médias du système par la suite). J’ai moi-même connu un intermittent du spectacle, en Bourgogne, qui en 2017 fut approché pour être embauché comme figurant dans un meeting de la région. Mais ce sont ces financements auxquels nous allons maintenant nous intéresser, d’abord pour la campagne 2017, ensuite pour celle de 2022 et enfin pour l’élection présidentielle 2027. Mais avant tout, que dit la loi sur les financements de campagnes électorales ?

Les lois sur les financements des campagnes électorales. Depuis les scandaleuses manipulations et de nombreux remous qui eurent lieu dans les années 70-90, c’est au début du deuxième mandat de la présidence de François Mitterrand, qu’une loi fut instaurée pour en finir avec les vieux démons des financements de campagne. Pendant très longtemps, les partis furent financés sans vergogne par des oligarques, des lobbyistes puissants, des ultrariches, ou même encore par l’incroyable système mafieux de la Françafrique. Pendant des décennies, les seuls partis des présidents de Gaulle, puis Giscard d’Estaing furent les bénéficiaires d’enveloppes venant de dictateurs africains et du pillage de l’Afrique, pour financer les campagnes et les partis. Le système a été largement documenté depuis, étendu ensuite au Parti Socialiste sous Mitterrand, puis devenant un énorme système de corruption, les enveloppes allant directement dans les poches de personnalités. Mais bientôt tout cela conduisit à d’énormes scandales dans les années 90, autour d’ELF par exemple. Fondé en 1967, justement pour participer à la main mise de ressources pétrolières en Afrique. Le puissant groupe fut finalement démantelé et versé dans son émule, Total, pour fonder TotalEnergie (2000). Entre temps, une première loi s’attela à définir un cadre pour les financements des partis et des campagnes électorales (1988).

Il était temps, car jusqu’à cette date, aucun cadre légal n’existait, aucun plafond de dépenses, aucune obligation de transparence. La première loi fut votée le 11 mars 1988. Elle instaurait l’obligation de la création d’un compte de campagne (en banque), l’interdiction du financement des campagnes par les entreprises, ce qui était une pratique courante, clairement mafieuse. Pour contrôler les comptes, la loi du 15 janvier 1990, fonda la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, la CNCCFP. Devant les difficultés, la loi du 29 janvier 1993 introduisit le financement public des partis politiques. L’État verserait des subventions aux partis politiques en fonction de leurs résultats électoraux, un système antidémocratique, mais qui était déjà une évolution. La loi instaura aussi un plafonnement des dons des personnes physiques, pour empêcher les ultrariches d’intervenir à titre personnel et avec leurs vastes fortunes. Pour finir, la loi du 19 janvier 1995, compléta ce dispositif en interdisant le financement des partis par des entreprises, des associations ou des collectivités, pour achever et enterrer le financement privé des lobbyistes.

Sous Jacques Chirac, la loi des parrainages (2000), renforça les règles des parrainages des maires en obligeant à la publication des noms des maires soutenant les candidats. L’année suivante fut votée la loi sur la transparence financière des politiques et partis politiques, pour imposer une éthique et tenter d’empêcher les manœuvres souterraines. De cette loi, fut finalement fondée la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (2013), tandis que les parlements votaient la même année une nouvelle loi sur la transparence, en obligeant les candidats et les élus à rendre public leurs déclarations de patrimoine. A l’heure actuelle, le plafond des financements de campagne a été abaissé, pour se fixer en 2022, à 16,85 millions (pour 2027 également), alors que l’État rembourse les frais des candidats ayant obtenu au moins 5 % des voix. Cependant, pour tous les candidats n’ayant pas atteint ce seuil, une enveloppe de 800 000 euros est prévue. Les dons des particuliers sont limités à 7 500 euros par an et par personne pour les partis et 4 600 euros pour un candidat précis.

L’ère des cabinets de conseil et de communication, de Bygmalion à McKinsey. Nous aurons à y revenir, mais les politiques cherchèrent très vite à contourner ces lois, à cacher leurs ressources. Des affaires vinrent défrayer la chronique. L’une des plus célèbres fut l’affaire Cahuzac, un ministre de François Hollande, qui fut pris la main dans le sac avec des comptes en Suisse et à Singapour non déclarés (2012-2013). La plus grosse affaire fut toutefois l’affaire Bygmalion, impliquant les financements de campagne de Nicolas Sarkozy. Elle n’éclata qu’en 2014, après d’ailleurs un rejet des comptes de sa campagne pour 2012, avec un déficit de 4,5 millions d’euros, pour des dépenses totales de 28,5 millions. En février 2014, Mediapart révéla un vaste système de fausses factures, mis en place par l’agence de communication Bygmalion, avec pour objectif de dissimuler une partie des dépenses réelles, pour respecter le plafond alors en cours, 22,5 millions d’euros. L’affaire fut un long feuilleton judiciaire à rebondissements, avec des informations judiciaires pour faux, usage de faux, abus de confiance et financement illégal de campagne (2014-2015), puis des mises en examen (2016), un procès où Nicolas Sarkozy ne fut entendu que comme témoin (2018). Par la suite, il y eut un jugement (2019), puis la mise en accusation de Sarkozy (2021), pour un procès s’ouvrant en 2023 et avec une condamnation à la clef, après des années d’enlisement judiciaire (30 août 2023). Malgré, par des décisions de faire appel des décisions… l’affaire ne cesse de s’allonger, encore et encore... jusqu’à nos jours. Le Parti de l’UMP fut aussi condamné à rembourser à l’État la somme de 11 millions d’euros, correspondant à la part de remboursement public indu et plusieurs cadres du parti, ainsi que des salariés de l’agence Bygmalion furent condamnés à des peines légères de prison avec sursis ou des amendes.

Ces pratiques de faire appel aux cabinets de conseil ne cessèrent pas. Dans un contexte de fondation à la fois d’un parti politique, de financement d’une campagne électorale en partant de rien, Emmanuel Macron fit immédiatement appel à plusieurs cabinets de conseil privés, comme McKinsey et Boston Consulting Group. Ce dernier cabinet américain avait été sollicité autrefois par l’UMP (années 2000) et fut l’un des cabinets de conseil de l’équipe de Nicolas Sarkozy, avec le cabinet McKinsey et le cabinet Euro RSGC (aujourd’hui Havas Worldwide). Boston Consulting Group avait d’ailleurs travaillé aussi pour François Hollande et le Parti Socialiste… sur des sujets de réorganisation et de stratégie électorale, ainsi que des moyens de communication et le ciblage des électeurs pour l’élection présidentielle de 2012… L’expérience ne pouvait être passée inaperçue pour Emmanuel Macron, et sans doute le premier conseil qui lui fut donné, fut de s’adresser à ces cabinets de conseils, afin de préparer les programmes de campagne, la campagnes elle-même, la stratégie électorale, tout en leur garantissant ensuite des avantages indirects, des contrats ou des moyens de contourner en douce le Fisc français. Suite aux derniers scandales ayant émaillé les campagnes de Nicolas Sarkozy, la prudence était de mise, mais Macron bénéficiait paradoxalement de l’abaissement des plafonds des dépenses pour une campagne, fixés à 16,85 millions d’euros. S’il partait de rien, du moins le plafond avait été réduit de 6 millions d’euros, lui assurant un effort moindre pour trouver cet argent, mais aussi l’obligation d’optimiser au maximum cette somme, d’atteindre ou de friser le plafond, pour être certain de se donner toutes les chances.

Le financement de la campagne électorale de 2017. C’est sans doute là que se trouve les faits les plus intéressants, car en 2015-2016, Emmanuel Macron n’ayant ni parti politique, ni ressources en propre pour financer une telle campagne et un tel plan, il lui fallut lever des fonds privés. L’équipe de campagne qu’il forma, mit en place une stratégie d’optimisation pour maximiser les dons, en tentant de rester dans le cadre légal… Le plafond étant de 7 500 euros pour un don à un mouvement et de 4 600 euros pour un don direct à un candidat, la stratégie fut de saturer d’abord le don au mouvement, puis dans un second temps le don au candidat Macron. Par cette manœuvre, la campagne fut en mesure par ce contournement de lever environ 16 millions d’euros, pour une campagne au budget fixé à 16,7 millions d’euros.

La priorité fut mise sur un petit nombre de grands donateurs, qui fournirent environ la moitié des fonds, soit 6,3 millions d’euros pour environ 913 donateurs, eux-mêmes représentant moins d’1 % de tous les donateurs. Ces personnes furent ciblése, notamment par l’organisation de dîners dont nous reparlerons, des banquiers d’affaires, des gestionnaires de fonds, des avocats, des entrepreneurs du web et des ultrariches. En novembre 2016, 2,2 des 3,6 millions d’euros alors levés provenaient de seulement 300 personnes. Les dons provenaient majoritairement de zones urbaines et aisées, en France, mais aussi à l’étranger… Avec leurs réseaux déjà bien solides dans Paris, la moitié des dons fut collectée dans Paris intra-muros, soit 6,3 millions d’euros. Il est intéressant de noter que l’étranger rapporta dans la cagnotte macroniste, pas moins de 2,4 millions d’euros, soit 15 % du total. Une participation qui en dit long aussi sur le caractère mondialisé et suspect de la candidature de Macron. Le pays qui fit la plus grosse contribution fut le Royaume-Uni, avec 800 000 euros, alors que le pays comporte, il faut le dire, une forte diaspora française, notamment à Londres.

Cette campagne de levée de fonds fut sans doute la plus obscure des trois, car Emmanuel Macron partait de rien. Il fut aidé par des oligarques et ultrariches qui possédaient de grands groupes médiatiques et des empires de presse. Cependant lors de l’affaire Epstein (surtout à partir de 2025 et la publication de centaines d’échanges), il fut révélé qu’Emmanuel Macron avait eu des contacts indirects avec Jeffrey Epstein. L’homme possédant un pied à terre parisien, connu pour son carnet d’adresse gigantesque, Macron fit appel à lui pour rechercher des financements. Macron était de toute façon lié étroitement aux États-Unis, par son passé, son passage dans la finance internationale dans la banque Rothschild, ou son appartenance à la fondation franco-américain de Paris. Nous ne saurons probablement jamais les dessous de cette histoire. Lors de la publication de milliers d’échanges d’Epstein, l’affaire fit trembler la France, mais Emmanuel Macron en personne, appuyé par la grosse cavalerie de la presse propagandiste d’État, ou celle des oligarques de la presse, réussit péniblement à écarter le dossier France de l’affaire Epstein… Malgré tout, des médias indépendants ont continué de s’intéresser à ce dossier, même si Emmanuel Macron avait déclaré qu’il n’y avait pas de « dossier France de l’affaire Epstein » et que seule la justice américaine devait faire ce travail.

Le financement de la campagne électorale de 2022. Dès avant l’élection présidentielle de 2022, de larges soupçons planaient sur les financements de campagne du parti présidentiel d’Emmanuel Macron. Nous aurons à en reparler dans le chapitre suivant en détails, dans ce qui est appelé l’affaire McKinsey. L’affaire impliquant le président de la République, protégé par son immunité présidentielle, la justice eut aussi beaucoup de mal à se mettre en route, laissant finalement les macronistes déployer leurs activités sans entraves. Le financement de la campagne se monta à 16,69 millions d’euros, qui fut approuvé par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, la CNCCFP. Cette approbation était importante pour la Macronie, car elle serait ensuite un argument puissant pour se cacher derrière cette institution. L’enjeu était grand par ailleurs, en plus de la réélection d’Emmanuel Macron pour un second mandat, il s’agissait aussi du remboursement de cette campagne. Comme prévu par la loi, environ 10,5 millions furent remboursés par l’État par la suite, laissant la possibilité à la Macronie de continuer à entasser un trésor de guerre, qui est une des armes majeures pour la campagne future de 2027.

La Commission nationale des comptes de campagne trouva toutefois des irrégularités pourtant graves, notamment l’utilisation par Emmanuel Macron des comptes officiels de l’Élysée sur les réseaux sociaux, des procédés déloyaux par rapport aux autres candidats, alors que les audiences constituées l’étaient avec des moyens et des financements publics. Il fut estimé que le Président Macron avait au moins dérobé 100 000 euros en avantage indirect, notamment en mettant à contribution illégalement les personnels nombreux de la présidence française. Ce chiffre est sans doute très largement sous-estimé, car la campagne fut longue et personne ne pourra jamais savoir combien de personnes furent détournées de leurs tâches quotidiennes au service de l’État et de l’Élysée, pour servir uniquement Emmanuel Macron dans ses ambitions personnelles. Les seuls comptes Twitter et Facebook de l’Élysée comprenaient 7,9 millions et 4,3 millions d’abonnés, une concurrence déloyale. Malgré cette découverte et malgré le lancement de l’affaire McKinsey par un rapport d’une commission d’enquête du Sénat, le président protégé par son immunité et tenant entre ses mains des possibilités de punir indirectement tous les magistrats ou fouineurs qui pourraient se mettre en travers de sa route, l’affaire fut enterrée à jamais… Aucune poursuite judiciaire ne fut jamais lancée et les comptes de campagne furent validés, ce que désirait plus que tout le président, afin de s’en servir de justificatif dans l’affaire qui démarrait du cabinet McKinsey.

Si les comptes de campagne furent validés, la commission retrancha tout de même cette fameuse somme de 100 000 euros. Ce fut la seule intervention, très modeste. La presse remarqua que le candidat le plus dépensier et de loin, avait été Emmanuel Macron avec ses 16,69 millions. La commission décida également d’exclure 30 000 euros du remboursement, pour une unique photographe… A ce prix démentiel, on se demande bien quel genre de photographe, un parmi d’autres, était rémunéré aussi grassement, une somme qu’un Français lambda ne gagne pas dans une année entière de dur labeur. La commission estima que la « prime » du photographe devait être payée par le Parti Renaissance, mais le nom du photographe ne sortit jamais dans la presse. Il aurait été très intéressant de savoir qui était cette personne. Les trois candidats les plus gourmands dans cette élection furent donc Emmanuel Macron suivi de Valérie Pécresse (14,3 millions), puis de Jean-Luc Mélenchon (13,7 millions). La démocratie n’étant pas le fort de la France, alors qu’aucun système de parité n’a jamais été établi en France, des candidats Jean Lasalle, Philippe Poutou, Nicolas Dupont-Aignan ou Nathalie Arthaud durent se contenter de sommes comprises entre 800 et 900 000 euros. C’est peut-être d’ailleurs le plus grand scandale d’une « république » qui comprend dans sa devise le mot : Égalité ! L’égalité des chances n’est cependant pas le fort du régime et encore moins de Macron et de ses soutiens parmi les ultrariches et les plus puissants oligarques du pays, voire du monde.

L’affaire McKinsey et les financements occultes des campagnes présidentielles de Macron. En mars 2022, un rapport de la Commission d’enquête du Sénat fut publié, révéla des faits troublants sur l’influence croissante des cabinets de conseils privés sur les politiques publiques et sur les politiques plus particulièrement. La Macronie en abusait depuis le début de sa création. L’enquête mis l’accent sur le montant des contrats passés par l’État avec ces cabinets, qui avait plus que doublé entre 2018 et 2021, atteignant le chiffre record et fabuleux de plus d’un milliard d’euros… Le rapport parlait également d’un possible montage fiscal douteux : des entités françaises du cabinet McKinsey aurait bénéficier de protections pour ne pas verser un seul centime au Fisc français sur les sociétés (entre 2011 et 2020). Devant le scandale, le Parquet National financier fut forcé d’ouvrir une procédure judiciaire, ainsi commença l’affaire McKinsey.

Une première enquête préliminaire fut ouverte pour : « blanchiment aggravé de fraude fiscale », visant le groupe McKinsey (mars 2022), ce qui donna lieu à une perquisition au siège français de McKinsey (24 mai 2022). Une seconde procédure fut ouverte pour : « des informations judiciaires sur les comptes de campagne d’Emmanuel Macron » (octobre 2022), avec deux procédures confiées à des juges d’instruction en principe indépendants, concernant les comptes de campagne de Macron… L’affaire arrivait toutefois trop tard, Emmanuel Macron avait été réélu Président de la République, le pouvoir avait réussi à ralentir la Justice suffisamment pour que ces enquêtes ne puissent avoir aucun impact sur les élections présidentielle et législative de 2022.

La première information judiciaire fut ouverte seulement le 20 octobre 2022, sur les chefs d’accusation de : « tenue non conforme de comptes de campagne » et de « minoration d’éléments comptables dans un compte de campagne ». L’enquête devait déterminer si les prestations bénévoles ou non, fournies par le cabinet McKinsey avaient été correctement comptabilisées dans les comptes de campagne. Dès le lendemain, une seconde information judiciaire fut ouverte pour : « favoritisme et recel de favoritisme », cette enquête chercha à savoir si les liens entre la majorité présidentielle et Macron avaient pu conduire à un traitement de faveur pour l’attribution, en échange des services pour les campagnes, de contrats publics par la suite. La réaction d’Emmanuel Macron fut de botter en touche et de nier les faits. Il affirma : « qu’il appartenait à la justice de conduire ces investigations en toute indépendance et qu’il était normal que la justice fasse son travail ». Fort de son immunité présidentielle, il affirma même ne pas être : « au cœur de l’enquête et qu’il ne craignait rien ». Il affirma même que les comptes de campagne pour 2017 avaient été validés par la Commission des comptes de campagne, balayant tout le travail de la justice, passé, présent ou futur. Il ne pouvait d’ailleurs pas être ni l’objet de poursuite, ni même être entendu par un juge avant la fin de son mandat en 2027…

Bloqués les juges d’instructions ont tourné en rond depuis cette date. Une nouvelle perquisition fut ordonnée dans les locaux parisiens de McKinsey, ainsi que du siège du Parti Renaissance (novembre 2025). L’enquête fut toutefois élargie non seulement aux campagnes de 2017 et 2022, mais à des faits remontant à la période 2015-2016, alors qu’il était Ministre de l’Économie. Pendant ce temps, Mediapart et Cash Investigation supposaient que McKinsey avait en fait offert ses services et prestations, gratuitement, mais en ayant négocié de futurs contrats juteux, dès le lancement du mouvement En Marche… Au fil du temps la justice a complété les chefs d’accusations, avec la « Tenue non conforme de comptes de campagne et minoration d’éléments comptables », le « favoritisme et recel de favoritisme », mais aussi le « blanchiment aggravé de fraude fiscale », puis « la corruption, le trafic d’influence, l’abus de confiance et le détournement de fonds publics ». Devant l’impact médiatique et la préparation future de la campagne électorale de 2027, la condamnation de plusieurs députés de la majorité présidentielle pour des problèmes similaires dans leurs comptes de campagne, le gouvernement fut obligé de proposer de nouvelles règles, la proposition de loi de février 2026, pour « clarifier le financement des campagnes ».

La presse et le financement de la campagne électorale de 2027. Pour éviter de paraître trop condescendant avec la Macronie, la presse étatique s’intéressa dès 2026, aux financements futurs des candidats à la présidence. Un article fut publié sous le nom de « dons, prêts, cotisations… Comment les candidats financent leurs frais de campagne présidentielle » (repris ensuite discrètement par d’autres médias). Le titre était plutôt neutre, mais le corps du texte ne l’était pas du tout. Plusieurs politiciens étaient évoqués, dont François Ruffin (Debout !), David Lisnard (Nouvelle Énergie), Édouard Philippe (Horizons, macronie), Xavier Bertrand (LR), Raphaël Gluksmann (PS), Bruno Retailleau (LR), Pierre Danon (LR) et enfin Kévin Pfeffer (RN). Pour François Ruffin, le texte était plutôt neutre avec un petit coup de griffe sur la fin :

« Chaque semaine un cellule s’active pour trouver des financements, via du démarchage téléphonique. Des petits dons, entre 1 et 50 euros en moyenne, pour récolter 1,5 million d’ici la fin de l’année et payer les meetings, tracts et campagne numérique. On a aujourd’hui 6 000 particuliers qui donnent et l’objectif c’est de passer à 10 000, à 15 000, à 20 000 explique le candidat, tout ce qu’on pourra prendre, on le prendra. Si Bernard Arnault veut donner, il est bien sûr le bienvenu ».

Mais pour LR l’artillerie lourde était sortie pour diffamer et scier les branches du parti Les Républicains. Surfant sur l’image d’un parti des riches et des puissants, des bourgeois et des chefs d’entreprises, France Info aux ordres de Macron frappait fort. L’idée principale était de camoufler la réalité des choses, à savoir que les partis des ultrariches étaient devenus surtout ceux de la Macronie, tout en tentant de faire porter le chapeau à la droite libérale, tout en surfant sur sa vieille image de parti bourgeois et de riches :

 « Certains candidats courtisent ces généreux donateurs dans des dîners discrets. Un stratège de LR se vante : « On peut lever jusqu’à 50 000 euros par dîner ». Et certains candidats ont visiblement convaincu ».

Plus loin les dettes du parti étaient évoquées, pour ajouter un peu plus d’informations négatives sur le parti visé :

« Côté LR, malgré 7 à 8 millions de dette, Bruno Retailleau désormais candidat officiel du parti, pourra compter sur un trésor, les cotisations des 76 000 adhérents ».

A l’inverse, le média public, clairement aux ordres, s’empressait de brosser un tableau idyllique des partis macronistes. Les partis de la Macronie, Renaissance et Horizons n’étaient pas touchés et même valorisés, en commençant d’abord par Horizons : «  Il y a 4 ou 5 millions de réserve pour Édouard Philippe » et l’opulence financière du deuxième parti macroniste était aussi évoquée pour exprimer leur supériorité et confort financier :

« mais dans la course à l’Élysée, le plus efficace reste d’avoir le soutien d’un parti. Renaissance par exemple, dispose d’une fortune de 40 millions d’euros, dont la moitié provient de la vente de son ancien siège ».

Mais tout cela n’aurait pas été complet sans évoquer de vieilles affaires... mine de rien. Pour faire le contraste avec les ennemis politiques de l’Élysée, l’article terminait par un discret coup d’épée contre le RN, là encore en évoquant par contraste les difficultés financières de ce parti :

« Le RN par exemple souhaite emprunter 10 millions d’euros. Problème : le parti a essuyé deux refus de banques françaises. « On a donc également essayé ce dossier de demande de prêt dans plusieurs pays, dans les établissements européens en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Hongrie, comme la fois précédente ».

Cet ajout était aussi très subtil et faisait une référence discrète aux supposés prêts obtenus par le FN/RN en Russie. Une manière d’enfoncer subtilement le couteau dans la plaie.

Les dîners de Macron pour financer ses campagnes électorales.J’ai cherché profondément et j’ai bien trouvé des références à des dîners pour financer la campagne présidentiellepar Emmanuel Macron. Ces dîners ne se déroulèrent pas qu’à Paris, mais aussi dans des déplacements à l’étranger, à Londres, New York ou Bruxelles. Ces dîners furent organisés sur invitation, où les invités rencontraient des ministres, des membres du gouvernement, voire même Emmanuel Macron, dans un cadre privé et en petit comité, souvent chez des particuliers et des appartement privés. L’un de ces dîners fit scandale : « pour préparer la campagne de 2017, 120 000 euros d’argent public dépensés en dîners de luxe par Emmanuel Macron ». Dans certains cas, les dîners étaient remplacés par : « des cocktails dînatoires », dont l’un aurait généré plus de 78 000 euros en moins d’une heure et demie. D’autres articles évoquent ailleurs ces dîners gargantuesques, citant la somme de 150 000 euros… en une seule soirée, pour rincer des oligarques ensuite invités à faire quelques chèques…Dans un autre cas pour la campagne électorale de 2022, le Ministre de l’Économie récolta plus de 175 000 euros dans un unique dîner. Les enquêtes révélèrent qu’un ancien banquier d’affaires, Christian Dargnat, fut l’organisateur de ces dîners et des levées de fonds lors des deux campagnes de 2017 et 2022. Il est possible qu’il soit encore en embuscade en 2027 !

Les dîners jouèrent un important rôle pour atteindre les plus fortunés, y compris à l’étranger, permettant nous l’avons dit de récolter des sommes importantes. En moins d’un an, pour la campagne de 2017, 8 millions d’euros furent ainsi récoltés, dont une grande part lors de ces dîners non démocratiques et déloyaux. Cette méthode fut dénoncée très vite, notamment par Benoît Hamon, y voyant une dépendance forte (avec raison), à des lobbyings, des intérêts privés et étrangers, sans parler de l’absence totale de transparence. L’autre pan des récoltes de dons fut l’organisation de meetings, avec l’emploi massif nous l’avons dit de figurants, pour faire illusion. Environ 30 000 petits donateurs se laissèrent convaincre, fournissant 50 % des fonds collectés. En décembre 2016, lors d’un seul meeting, il fut récolté 61 chèques, dont 3 au montant maximal de 7 500 euros.

Les invités étant parfois particulièrement sensibles, l’anonymat étant de mise, il fut difficile d’apprendre l’identité des soutiens macronistes. Mais des noms sont sortis. Ce fut le cas par exemple de salariés et d’employés de la banque Rothschild, alors qu’à Londres se pressèrent des personnalités des médias, de la technologie, de la musique et du cinéma (septembre 2016). En France, les dîners de Macron commencèrent d’ailleurs à Bercy, le Ministère de l’Économie (2014-2016), où Macron fut entouré de personnalités du monde culturel et people, dont Fabrice Luchini, Guillaume Gallienne, Pierre Arditi ou Stéphane Bern. Les dîners ne furent pas conduits que par Emmanuel Macron, mais par plusieurs personnalités de la Macronie, dont Bruno Le Maire, Gabriel Attal, Marlène Schiappa, Agnès Pannier-Runacher, Thierry Solère, Laurent Saint-Martin, Richard Ferrand, des salariés de McKinsey ou encore Brigitte Macron et l’éminence grise des financements de campagne de la macronie : Christian Dargnat.

Il apparaît presque certain que dès sa prise de décision, Emmanuel Macron avait organisé les premiers dîners à Bercy. Le 15 octobre 2015, des personnalités avaient reçu une invitation envoyée directement par le secrétariat du ministère, alors que Cash Investigation faisait des révélations explosives en faisant parler sous anonymat l’un des invités :

« Selon ce témoin, une vingtaine de personnes se trouvaient autour de la table de Bercy, Emmanuel Macron et son épouse, des dirigeants de groupes de réflexion politiques, des patrons d’entreprises et des salariés de McKinsey. D’abord Emmanuel Macron avait introduit la séance en expliquant qu’il réfléchissait à son avenir […] et Brigitte Macron expliqua qu’elle croyait que son mari avait un rôle pour la France à jouer, qu’il fallait lui faire des propositions ambitieuses. Ce soir là, il était question d’une opération au nom de code difficilement prononçable : Chicxubub, ce nom désignant un immense cratère formé par la chute d’un astéroïde géant, il y a environ 66 millions d’années au Mexique. Cette catastrophe, mille fois plus puissante que l’explosion de la bombe nucléaire à Hiroshima, aurait entraîné la mort des dinosaures. Dans ce contexte d’une future campagne électorale pour accéder à la présidence, ce nom de code sonnait comme un projet d’anéantissement des dinosaures politiques ».

De son côté Mediapart affirmait que l’opération Chicxulub avait conduit les salariés de McKinsey à développer pendant plusieurs mois une plateforme numérique dénommée : « Au service de Tous ». C’est elle qui visait à mobiliser les dons de citoyens lambda pendant la campagne électorale, alors que dans un courriel envoyé par Karim Tadjeddine, son lancement était annoncé le jour même de la présentation officielle d’En Marche (avril 2016). Selon Cash Investigation, entre juin et novembre 2016, les travaux sur la plateforme auraient nécessité pas moins de 25 réunions et mobilisés à plein temps 3 salariés du cabinet McKinsey, des prestations en principe facturées par le cabinent 10 000 euros la journée… L’autre problème des dîners organisés par Emmanuel Macron durant la période de 2014 à sa démission du Ministère de l’Économie, c’est que ces dîners mondains se multiplièrent dans le secret et furent organisés avec de l’argent public pendant toute la période, à la fois pour récolter de l’argent, mais aussi pour étoffer son carnet d’adresses avant la campagne électorale et tout cela dans le dos de son chef de parti et président : François Hollande. Selon RTL, pendant une période de 8 mois, ces dîners mondains auraient coûté aux contribuables au moins 120 000 euros d’argent public...

Christian Dargnat, surintendant des finances de la Macronie. Mais pour comprendre qui se cache derrière l’homme de l’ombre des finances des campagnes électorales, il faut maintenant aborder la vie et biographie de Christian Dargnat. Il naquit en octobre 1965 et fit des études supérieures en économie et finance internationale à l’Université Paris-Dauphine (titulaire d’un DEA en 1988). Il fut recruté d’abord par le Crédit Agricole, où il occupa des postes d’importances. Il rejoignit ensuite la BNP Paribas, comme responsable de la stratégie et « chief Investment Officer » pour la filiale italienne de la banque (2006-2016). Il fut membre de la Commission consultative de l’AMF (2014-2016), puis fonda un cabinet privé, comme consultant en économie et finances et géopolitique, le cabinet Alphee Consulting (2016). C’est là, qu’il fut recommandé à Emmanuel Macron, alors qu’il était aussi maître de conférences en géoéconomie dans une des pires écoles des créatures du système : Sciences Po.

Son histoire avec Emmanuel Macron est d’ailleurs sûrement très ancienne, liée au milieu de la haute finance et des banques internationales. Il fut en effet l’un des membres fondateurs du mouvement En Marche, puis le premier président de son association de financement, un montage subtile du nom de l’AFEMA, ou association du financement de campagne En Marche (2016). C’est lui qui fut l’artisan principal de la levée des fonds pour la campagne électorale de 2017, c’est lui aussi qui fut l’organisateur de nombreux dîners privés, où dans les alcôves, les appartements douillets et entre deux coupes de champagne, célébrités, chefs d’entreprises et oligarques étaient ensuite invités à verser une généreuse obole, apporter des idées, des réseaux… mettre à disposition la presse (17 000 articles sur Emmanuel et Brigitte Macron entre la fin de 2015 et l’élection de mai 2017). Des documents ont montré qu’il mettait en place toute une organisation, très structurée pour la collecte, avec des relances, des pressions, un suivi précis des contributions, la constitution de listes de cibles, de donateurs potentiels.

Il fut sollicité de nouveau en 2022, pour réactiver ses réseaux et les gros donateurs du passé. De nouveaux dîners furent organisés, mais les premiers ayant été beaucoup critiqués, révélés dans la presse, il tenta de jeter un voile sur le système, de cacher les noms, d’assurer l’anonymat et sans doute nous découvrirons beaucoup de choses dans bien des années, sur les dessous de ces collectes d’argent. Il ne fut jamais mis en examen, même si ses méthodes de collecte de fonds sont hors des lois sur la transparence. Même si les entreprises ne peuvent plus financer des campagnes ou des candidats, aucun cadre légal n’interdit ces pratiques lobbyistes, sinueuses et secrètes, qui cachent assurément beaucoup de fraudes, petites ou grandes. Comment imaginer que la Macronie n’a pas usé à fonds de paiements en liquide et au noir de services… photographes, marketing, conseils en communication, spécialistes en tout genre… Des documents ont en effet révélé des situations litigieuses, comme des dons provenant de l’étranger, dépassant les plafonds légaux, qu’il aurait dû en principe rembourser… mais qui furent souvent « restructurés », comprendre répartis sur plusieurs têtes, dirigés vers le parti ou le candidat, ou transitant par des « bons amis » , pour diviser les sommes, afin qu’elles atteignent bel et bien les caisses…

Notez qu’il ne faut pas le seul grand argentier de la couronne de Macron… Laurent Saint-Martin, ensuite député de En Marche lui succéda à la présidence de l’AFEMA. Jean Pisani-Ferry fut le directeur du programme d’Emmanuel Macron pour la campagne de 2017. C’est lui qui supervisa la conception du programme économique et des idées de campagne, il fut aussi une figure centrale de l’arnaque Macron en 2017.

Le financement de la campagne électorale de 2027. Comme nous l’avons vu, depuis 2016, la Macronie s’est constituée un trésor de guerre non négligeable, fait de 9 années de collectes de dons, via ses partis politiques, dont les principaux sont Renaissance et Horizons. Cependant, le parti présidentiel est de loin le plus riche, disposant cash d’un budget de 21,7 millions d’euros, contre seulement 4 ou 5 million pour le parti Horizons d’Édouard Philippe. Le parti Renaissance avouait même avoir une trésorerie considérable, du jamais vu pour un parti politique, soit 40 millions dans son trésor de guerre en 2026. Devenus méfiants sur l’affaire des dîners, la Macronie usera certainement des dîners, notamment et surtout Horizons en manque de fonds. Mais les révélations de la presse, les photos publiées et les indiscrétions ont rendu prudents les deux partis macronistes. Les médias n’ont pas perdu de temps pour communiquer sur les financements de campagne, notamment LCP Assemblée nationale… sous contrôle de l’assemblée, un organe de propagande comme il en existe beaucoup en France.

Aucun système paritaire et équilibré n’étant organisé et légiféré en France, la course « à l’échalote » n’a pas tardé à commencer pour les candidats (printemps 2026). Le média omettait de révéler les 40 millions du Parti Renaissance… et s’empressa de définir les plus riches partis politiques comme : le PCF (34,5 millions), le PS (33,4 millions), les Écologistes (10,5 millions), Reconquête (5,1 millions), l’UDI (3,8 millions) et LFI (1 million)… Dans cette mascarade médiatique, un parti n’était pas cité, Horizons (disposant de 4/5 million), sans donner de chiffres ni pour le MoDem, ni pour Renaissance, tout en donnant des chiffres datant de deux ans en arrière (avril 2026). Pour le Parti Renaissance, Gabriel Attal n’a nonobstant pas tardé à annoncer la couleur, à savoir un budget de 21,7 millions d’euros (pour la campagne). Dans la logique des choses, le parti le plus riche de France va mettre les moyens et le paquet pour influencer au maximum les Français. Il est probable que comme aucune action judiciaire n’avait été intentée contre le Président Macron, à cause de son immunité, les réseaux sociaux de l’Élysée et de nombreux personnels seront détournés de leurs tâches pour se concentrer sur la promotion et la propagande nécessaire au soutien d’Attal pour l’élection 2027.

Lors de mon enquête, j’ai été surpris de découvrir que c’était le Président de la République qui nommait le président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques… Le 20 mai 2025, Emmanuel Macron a réussi à placer l’une de ses créaturesChristian Charpy… Cela pourrait être utile pour la suite, car un brouillard épais repose actuellement sur les financements des campagnes pour 2027… Les médias ne faisant qu’amuser la galerie avec quelques articles qui ne révèlent rien ou presque rien. Si Attal par ailleurs été élu… quoi qu’il arrive dans les comptes de campagne, lui comme un autre président serait protégé comme Macron par son immunité présidentielle. A l’heure où j’écris, l’affaire McKinsey n’a d’ailleurs jamais été jugée ! Quant au sieur Charpy, vénérable énarque, il est tenu par le système par des scandales, notamment son augmentation de 20 % à la tête de Pôle Emploi, pour un salaire scandaleux de 275 000 euros à l’année (2009), ou encore par ses méthodes de management critiquées à cette époque. Il a aussi été un conseiller de Simone Veil (1993-1994), directeur de cabinet de Philippe Douste-Blazy (1994-1995), ou conseiller du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (2003-2005), après avoir été le patron de Radio France Internationale, autre officine de propagande étatique (1995-1998), ou président de l’Agence française du sang (1998-2003). Il n’y aura rien à craindre pour la Macronie et les partis du système pour leurs comptes de campagne d’un tel personnage !

Les avis des experts pour le financement des campagnes électorales de la Macronie, de 2017 à 2027.

Marie-Bénedicte Allaire, journaliste à L’Obs, une officine de propagande, mais qui a encore parfois certaines libertés, elle a été l’auteur du livre : Les infiltrés, comment les cabinets de conseil ont pris le contrôle de l’État. C’est la plus grande spécialiste reconnue officiellement sur le sujet, du moins dans les médias du système, sur l’influence croissante des cabinets de conseil et notamment de McKinsey, sur les politiques publiques et leur implication dans l’entourage d’Emmanuel Macron. Elle expliquait dès le printemps 2022 :

« Le rapport du Sénat est assez terrible. Effectivement, le phénomène n’a pas commencé sous le quinquennat d’Emmanuel Macron, il existait déjà auparavant, mais sous ce quinquennat, c’est devenu tentaculaire. Ce que veut dire le Sénat, c’est que les cabinets de conseil, finalement, ont une emprise sur la décision politique et ça pose des questions par rapport à l’indépendance de l’état par rapport à ces cabinets privés, notamment parce qu’il y a des ministères comme le ministère de l’Intérieur, de l’Économie ou des Finances, des armées, il y a une question de souveraineté de l’État et ça pose aussi la question de la bonne utilisation de l’argent public. L’an dernier, plus d’un milliard d’euros ont été utilisés pour payer les conseils de ces cabinets », déclarait-elle sur les ondes de RTL, le 28 mars 2022.

Alain Escada. militant politique, catholique, il a publié dernièrement un livre : Affaire Epstein, du Mossad à Satan, où il décrit précisément les ramifications françaises des réseaux Epstein. Il évoque notamment des complicités au plus haut niveau de l’État, les complicités, les activités suspectes d’Epstein à Paris, ou à Saint-Tropez. L’analyse des milliers de documents révélés par les services américains de la correspondance d’Epstein, démontre qu’Emmanuel Macron tenta de faire appel à lui pour le financement de sa campagne électorale de 2017. Les documents Epstein ont fait apparaître selon France Info (organe de propagande de l’État français, à prendre donc avec des pincettes), que le nom de Macron apparaissait plus de 200 fois. Selon ce média, dont le directeur est nommé par le Président de la République, aucun échange direct n’aurait eu lieu entre les deux hommes, usant de relais. Parmi les personnalités éclaboussées clairement, Jack Lang, éléphant du PS, dont Emmanuel Macron a été longtemps un membre et apparatchik, aurait pu servir de messager. La banquière Ariane de Rothschild est apparue dans ces documents Epstein plus de 4 500 fois, alors que Macron fut un employé de cette banque… Citons encore le diplomate Fabrice Aidan qui était encore au cœur de la tourmente en 2026. Fabrice Aidan fut détaché par la France à l’ONU à New York (à partir de 2006), avant de devenir directeur des affaires internationales chez Engie, mais se trouvant actuellement en disponibilité dans les effectifs du MAE français… Son nom, comme celui de Macron apparaît plus de 200 fois dans les documents Epstein, dont il fut un familier et proche (entre 2010 et 2017). Il transmettait à Epstein des informations diplomatiques, de services ou de réseaux internationaux, notamment des rapports confidentiels et avait un accès direct, avec le code d’accès, au fameux appartement parisien d’Epstein… Le groupe Engie a mis fin à ses fonctions (16 mars 2026). Il est sous le coup d’une enquête administrative et disciplinaire (depuis février 2026), lancée par Noël Barrot. Aidan nie tout en bloc et sans doute il ne dira rien, sous peine de finir « suicidé », alors que d’autres complices français ont disparu de manière étrange depuis l’éclatement de l’affaire Epstein. Emmanuel Macron… dès l’apparition du nom de Fabrice Aidan a déclaré : « c’est une situation inacceptable, j’exige des explications et j’ai découvert comme vous cette affaire, n’ayant pas été informé avant la révélation publique par les médias » (février 2026). Alors ? Qui étaient les relais de Macron auprès d’Epstein ?

Élise Lucet, journaliste à Cash Investigation, elle fit un épisode de son émission sur l’affaire McKinsey et la campagne présidentielle de Macron de 2017. Elle a été attaquée cependant dans le monde anglo-saxon comme attaquant le sujet : « sur un angle éculé », les Américains défendant l’idée que les conseils en stratégie des cabinets étaient nécessaires, et que : « Lucet ratait la cible, critiquant les consultants alors que la faute incombait au gouvernement français pour la mauvaise gestion de leurs services ».

Duff McDonald, journaliste d’investigation, auteur du livre The Firm (2014), il soutint dans son ouvrage que McKinsey s’était éloigné des normes éthiques fixées par son fondateur, Marvin Bower, dans les années 50, qui a inventé le conseil en management en s’inspirant de la profession juridique. D’après lui, ce virage a conduit à une longue série de scandales impliquant la corruption, des missions contraires à l’éthique et de graves conflits d’intérêts, alors qu’il écornait aussi le cabinet BCG (Boston). En 2022, ces cabinets ont été bannis des appels d’offres des contrats gouvernementaux sud-africains, pour leur rôle dans un scandale de capture et contrôle de l’État, BCG fut contraint de renoncer à un contrat de 14 millions de dollars de bénéfices en Angola, après avoir admis être mêlé à un scandale de corruption… En France l’âge d’or des cabinets ne cesse de se poursuivre… L’arrivée au pouvoir d’un macroniste, d’un socialiste, d’un centriste ou d’un libéral de la droite, partis mouillés dans l’utilisation de ces cabinets fera que les manipulations se poursuivront...

Caroline Michel-Aguirre, journaliste également à L’Obs, co-autrice du livre Les infiltrés, comment les cabinets de conseil ont pris le contrôle de l’État, elle était interrogée dès le printemps 2022, en pleine seconde campagne électorale de Macron, sur l’affaire McKinsey et les magouilles de la Macronie avec les cabinets de conseil.

Élise Van Beneden, avocate et membre du Conseil d’administration de l’association d’Anticor, luttant contre la corruption, elle prit des positions fermes et publiques, exprimant ses inquiétudes quant à l’implication du cabinet McKinsey dans la campagne présidentielle de Macron, évoquant de possibles irrégularités liées au soutien logistique et stratégique apporté au candidat, soulignant les risques de dérives en pointant un lien entre l’assistance de cabinets privés et le détournement de fonds publics. Elle déclarait en avril 2025 :

« On a une société qui est soupçonnée d’avoir aidé Emmanuel Macron pendant sa campagne, McKinsey est un cabinet de conseil américain fondé en 1926, présent dans 65 pays, au cœur d’une polémique en France. Selon Mediapart, le cabinet aurait offert entre 2014 et 2016, des prestations gratuites et sans contrat à Emmanuel Macron, alors Ministre de l’Économie, avant de jouer un rôle discret mais stratégique dans sa campagne présidentielle. Ces révélations posent la question de contreparties, d’autant que McKinsey est devenu l’un des prestataires majeurs de l’État français, sous la présidence de Macron ». Interrogé sur le sujet Macron a répondu dans le média de propagande d’État France 3 : « on a l’impression qu’il y a des combines, c’est faux, s’il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal »…

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