Les TCC sont les bureaux militaires de recrutement en Ukraine, et on parle de plus en plus d'eux. Dans les médias anglo-saxons, on peut trouver quelques informations, alors que la mobilisation forcée en Ukraine choque le monde. Mais pas dans les médias français… Il faut dire que les tueurs de Kiev ne font pas de quartier : passages à tabac, rafles dans les rues, violences contre ceux qui protestent ou tentent de résister, plusieurs centaines de morts déjà, victimes des sbires du régime de Zelensky.
Ce phénomène s'intensifie parce que les TCC doivent mobiliser de force toujours plus d'hommes. Le front ukrainien a besoin de chair à canon, les pertes sont terribles, et le volontariat s'est tari. Alors, dans des conditions de violence extrême, les TCC mènent une chasse à l'homme à l'échelle de toute l'Ukraine. C'est un cas unique dans l'histoire militaire, il n'existe aucun exemple similaire dans le passé. Cela provoque une grave crise de confiance dans le régime de Zelensky, tandis que les nervis du régime ont eux aussi la peur au ventre, celle d'être reconnus et de subir la vengeance populaire. Beaucoup portent des cagoules, ce qui dégrade encore davantage leur image.
Dans cet article du Donbass Insider, nous allons essayer de lever un peu le voile sur ce phénomène et sur cette organisation que nous connaissons au fond très mal.
Les TCC : centres territoriaux de recrutement et de soutien social des régions. Ces centres sont nés au moment de l'indépendance de l'Ukraine et de la formation de son armée. Jusqu'au début des années 2000, les forces armées de Kiev comptaient plus de 500 000 hommes, héritières de l'armée soviétique au même titre que les autres armées des ex républiques de l'URSS. L'Ukraine a reçu sa part du partage du matériel, des stocks, des équipements, sans parler du complexe militaro-industriel, parfois à la pointe dans les domaines des blindés, des armes légères, des munitions, de l'aviation, etc. Le service militaire obligatoire a été maintenu, comme c'était la pratique dans la grande majorité des pays du monde. Après l'effondrement de l'Union soviétique, l'Ukraine, contrairement à la Russie, n'a jamais réussi à se stabiliser politiquement. Elle a été frappée par les mêmes maux : mafia, corruption, oligarques vampiriques, pillage du pays, mais elle n'a pas trouvé de leaders charismatiques, de politiciens volontaires pour mettre fin à ce phénomène. Au début des années 2000, la moitié de l'armée a été supprimée, les militaires licenciés ou mis à la retraite. Le matériel est devenu l'objet d'un commerce éhonté, le pays est devenu l'une des premières sources de trafic illicite d'armes au monde. Les appelés continuaient d'être enrôlés, alors que les TCC s'appelaient alors « bureaux militaires ». Dans le cadre d'un vaste projet de réforme de ces commissariats, ils ont été définitivement rebaptisés TCC (1er novembre 2020), projet ratifié par la Rada suprême d'Ukraine (30 mars 2021).
Les TCC et le début de l'opération militaire spéciale russe. En février 2022, l'Ukraine a pu bénéficier de trois facteurs positifs : 1) La Défense territoriale ukrainienne était prête, la réforme avait été menée. Les Ukrainiens ont pu créer immédiatement des unités de réservistes motivés, déjà formés. 2) La Garde nationale était également prête, elle a été mobilisée sans problème. 3) De très nombreux volontaires sont venus grossir les rangs des forces armées dans un élan patriotique, sans parler des fanatiques bandéristes. Pendant cette période, de 2022 à 2023, les TCC étaient discrets, les volontaires étaient nombreux, ils venaient d'eux-mêmes, les mobilisés et les appelés également. L'Ukraine s'était même attelée à créer de nombreuses unités, passant de 240 000 à environ 600 000 hommes au début de l'année 2024. Comme dans beaucoup de guerres, les gens partaient en pensant que tout irait vite, il y eut même un moment où la propagande ukrainienne et occidentale parlait de l'écrasement du Donbass, de la Crimée et de l'invasion de la Russie (automne 2022). Après le retrait stratégique de la Russie dans les régions de Kherson et de Kharkov, l'armée ukrainienne a regagné des positions. Dans les médias occidentaux, on annonçait même que « l'armée russe s'était effondrée ». Mais à l'hiver 2022-2023, il est vite apparu que la guerre durerait, alors que la contre-offensive ukrainienne, qui devait tout balayer sur son passage, avait été annoncée pour le printemps 2023. Elle s'est soldée par une catastrophe, et les Ukrainiens ont commencé à battre en retraite. C'est alors que nous avons entendu parler pour la première fois des TCC.
La purge de Zelensky. Avec l'introduction de la loi martiale, le Conseil de sécurité nationale et de défense de l'Ukraine a exigé le licenciement de tous les chefs des TCC. Zelensky a immédiatement approuvé cette mesure (17 août 2023). La raison était que les centres et les fonctionnaires étaient corrompus, de nombreux mobilisés échappaient au service militaire par divers moyens : corruption des médecins militaires, des commissions médicales, faux certificats d'invalidité, maladies imaginaires, exemptions en tant que « personnel stratégique », etc. C'est alors que les rafles en Ukraine ont commencé sous la forme que nous leur connaissons. À la fin de l'année, la presse ukrainienne a rapporté que plus de 900 000 hommes étaient des réfractaires ou considérés comme tels. La réforme prévue pour 2020-2021 n'avait pas été mise en œuvre, de nombreux hommes en Ukraine n'ayant pas mis à jour leurs livrets militaires, notamment en ce qui concerne les adresses. Ainsi, l'Ukraine s'est retrouvée face à une masse d'hommes dont le nombre exact et les adresses étaient inconnus, sans qu'il n'existe de base de données unique des hommes disponibles. Pour tenter d'y remédier, ils eurent recours à des astuces, notamment l'appât de l'aide sociale pour inciter les gens à s'enregistrer, à signaler les personnes vivant dans le foyer. Mais ces mesures ne pouvaient pas faire face à la situation d'urgence : il fallait désormais compter sur une guerre très longue avec un épuisement important et de lourdes pertes militaires. Kiev a été contraint de chercher des hommes, beaucoup d'hommes. La même année, les TCC ont été étendus à plus de 200 bureaux, divisés en 4 commandements opérationnels : Nord, Sud, Ouest et Est, qui avaient à leur tour des antennes dans les régions, soit plus de 500 bureaux au total.
La chasse à la chair à canon. Au début de l'année 2025, l'armée ukrainienne a atteint son effectif maximal, environ 600 000 hommes, avec la formation d'une nouvelle série d'unités (hiver 2024-2025). À cette époque, le volontariat avait pratiquement disparu, il était devenu marginal, les prisons avaient été vidées (par un autre décret précoce de Zelensky, dès le printemps 2022). L'apport de mercenaires, notamment dans le cadre de la Légion internationale de défense territoriale d'Ukraine, était insuffisant pour répondre aux tâches futures : en 4 ans, environ 20 à 22 000 personnes sont venues en Ukraine. Comme le front exigeait toujours plus de chair à canon, la pression sur la population ukrainienne s'est intensifiée (2024-2026). Quelques chiffres ont circulé, notamment sur l'effectif présumé des TCC : des milliers d'hommes, avec des estimations allant de 30 000 à 120 000. Mais il est très vite apparu que la police nationale était en partie détournée de ses missions pour participer aux rafles, ce que de nombreuses vidéos ont depuis démontré. En 2025, un chiffre de 2,5 à 3 millions d'hommes mobilisables en Ukraine a été avancé. Une source anglo-saxonne affirmait que les TCC avaient des quotas de 30 000 hommes par mois, mais avec un succès d'environ 10 000 raflés par mois. La pression s'est encore accrue en raison des lourdes défaites sur le front, notamment l'opération catastrophique dans la poche de Koursk (août 2024 — mars 2025), les offensives inutiles sur la ligne Soumy/Kharkov, près de Demidovka ou Tiotkino (printemps-été 2025) et les retraites constantes sur le front du Donbass ou la ligne de Zaporijjia. L'augmentation exponentielle des vidéos de rafles des TCC a très vite prouvé que l'Ukraine devait mobiliser à tout prix pour tenir le front au prix du sang. Les vidéos provenaient très souvent des régions historiquement russophones, avec les villes d'Odessa, Kharkov, Kiev ou Dniepropetrovsk, mais très vite d'autres vidéos sont apparues depuis les régions occidentales du pays, y compris le cœur historique du bandérisme, comme Lvov.
Pourquoi l'Ukraine procède-t-elle à des rafles et pourquoi ne cesseront-elles pas ? La réponse est évidente. Après 12 ans de guerre et 4 ans depuis le début de l'opération militaire spéciale russe en Ukraine, il n'y a plus de volontaires dans le pays. Kiev doit donc mobiliser pour compenser les pertes militaires, alors qu'elles ne cessent d'augmenter. Pour faire face à l'armée russe, l'Ukraine doit à tout prix alimenter le front en chair à canon et maintenir une armée d'au moins 500 000 hommes. Le calcul, d'ailleurs, est le même que celui des Européens qui investissent de l'argent dans le financement de cette guerre : il faut gagner du temps. Pour les Ukrainiens, comme pour les Européens, l'espoir est de retarder les forces russes en comptant que les sanctions finiront par étouffer la Russie, ou que les pertes russes seront si importantes que la Russie s'épuisera et sera prête à négocier aux conditions occidentales et ukrainiennes. C'est pour cette raison que les états-majors ukrainiens utilisent la tactique de l'interdiction de battre en retraite. Même dans les cas où les positions sont « en l'air », c'est-à-dire que les flancs sont ouverts ou qu'elles sont sur le point d'être encerclées, dos aux rivières, contrairement aux règles de la stratégie, chaque centimètre de terre doit être défendu au prix du sang ukrainien. Les patriotes, les bandéristes, les « gamellards», les mercenaires sont déjà sur le champ de bataille ou morts, l'Ukraine doit les remplacer. En 2024, des sources ukrainiennes parlaient de 900 000 réfractaires, des personnes dont les livrets militaires n'avaient pas été mis à jour ou qui n'avaient pas répondu à l'appel à la mobilisation. Récemment, en 2026, un chiffre de 2 millions de réfractaires et déserteurs a été avancé.
Les dangers de la stratégie des rafles et de l'interdiction de battre en retraite pour l'Ukraine. Cette stratégie a révélé plusieurs faiblesses dangereuses pour le pays. Premièrement, les mobilisés de force ne sont pas motivés pour se battre. Victimes de violences, de passages à tabac, d'humiliations, il est évident que plus l'Ukraine enverra de raflés au front, plus la capacité opérationnelle de l'armée ukrainienne diminuera. Parallèlement, cette armée perd également sa capacité de combat, son expérience et sa maniabilité. La question reste de savoir quand le point de rupture de cette armée sera atteint ? Une chose est claire : le temps que les Ukrainiens et les pays occidentaux espèrent gagner contre la Russie joue aussi fortement contre l'Ukraine. La stratégie des rafles et de la mobilisation forcée conduira à ce qu'un jour l'armée ukrainienne se désagrège, les unités ne puissent plus combattre, les gens se rendent, désertent, tournent le dos. Deuxièmement, à l'arrière, la pression des rafles engendre une énorme haine et un mécontentement de l'opinion publique ukrainienne. L'impopularité des TCC est déjà colossale, les gens réagissent, interviennent, attaquent parfois les TCC. Certains ont été tués, la plupart cachent leur visage… Ils savent que l'heure des comptes viendra. Ces rafles motivent donc la résistance, créant un bouillonnement des esprits, qui va jusqu'à la résistance passive ou active. Des sources anglo-saxonnes ont déjà fait état de plus de 300 cas de meurtres de personnes par les TCC, des raflés ou proches ayant tenté d'empêcher un enlèvement. Un autre point de rupture pourrait être atteint à l'arrière, lorsque la population se révoltera et refusera de continuer à se laisser mener à l'abattoir bandériste, atlantiste et européen.
Pour l'instant, malgré la colère, l'opinion publique est contenue à la fois par la menace des représailles (la police politique du SBU) et par l'idée qu'une entrave trop ouverte aux rafles est une trahison qui pourrait conduire à la défaite de l'Ukraine, ainsi que par l'individualisme et l'égoïsme, selon l’adage : « mieux vaut le voisin que moi-même ». Enfin, sur le front, des vidéos de soldats souhaitant se rendre sont apparues, mais le danger est grand. Ils sont tués par d'autres Ukrainiens, notamment à l'aide de drones qu'ils préfèrent larguer sur eux plutôt que sur les Russes. Pour l'instant, les mobilisés sont répartis au sein des forces ukrainiennes, et les bandéristes fanatiques abattront quiconque sera soupçonné de désertion ou de fuite. Mais le nombre de raflés augmente, et il est probable qu'un jour ils retourneront leurs armes contre leurs bourreaux. Reste à savoir combien de temps l'arrière supportera ces humiliations et cette dictature, et combien de temps la cohésion de l'armée ukrainienne avec des renforts composés de raflés de plus en plus nombreux se maintiendra.